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Nouvelle mention manuscrite sur les prescriptions de pilules de 3ème et 4ème génération

Une mesure intéressante, mais perfectible

Première publication : mercredi 27 février 2013,
par Dominique Dupagne - Visites : 41955

L’ANSM, agence du médicament française, vient d’annoncer un nouveau mode de prescription des pilules de troisième et quatrième génération, destiné à entrer en vigueur le 1er avril.

Le médecin devra mentionner sur l’ordonnance, de façon manuscrite, que la patiente a été informée d’un risque de thrombose plus important lié à l’usage de ces contraceptifs oraux.

Le principe d’une information de la patiente et de la traçabilité de cette information est bon, mais la méthode est mauvaise.

En effet, ce n’est pas au médecin d’écrire qu’il a bien informé la patiente, c’est à la patiente d’écrire qu’elle a bien été informée par le médecin.

Seule la patiente peut réellement attester de la réalité et de la qualité de cette information.

Cette procédure est à la fois bien plus fiable, bien plus impliquante (et donc pédagogique) pour la patiente et bien plus simple pour le médecin.

J’espère que l’ANSM se rendra compte rapidement de son erreur et inversera la charge cette mention manuscrite.

Si vous êtes d’accord avec ce point de vue, que vous soyez médecin ou utilisatrice de pilule, signez la pétition ci-dessous. Vous pouvez aussi réagir sur le forum en bas de page.

PS : si vous trouvez aussi idiot de faire écrire le médecin que la patiente, vous pouvez signer aussi.

Il y a 25 messages sur ce forum.

Messages

  • Je suggère de généraliser ça à tous les médicaments avec la mention 《le docteur m’a bien expliqué que ce traitement pouvait me faire mourir dans d’atroces souffrances mais je le veux quand même》.
    En plus ça réduirait le trou de la sécu du fait de la chute de la consommation de médicaments que ça induirait.

  • La durée de la prescription sera inversement proportionnelle au nombre de fautes d’orthographe : deuxième aspect pédagogique

  • Je vais refaire mes ordonnances à la main et revendre mon imprimante :-)

  • Manifestement Lucie n’a qu’une dizaine d’années : sa maman doit-elle aussi confirmer de manière manuscrite :
    1° qu’elle est d’accord pour que sa fille consulte CE médecin précis.
    2° qu’elle confirme avoir été elle-même interrogée sur les antécédents familiaux.
    3° qu’elle confirme que sa fille et elle-même ont été informées du danger de mort imminente vraisemblable en raison du traitement du dit docteur.
     ?

  • Si, par extraordinaire, l’ANSM maintenait son projet, il est facile de scanner une mention manuscrite écrite au feutre, et cela rend très bien avec une imprimante à jet d’encre.

    Je pense que les éditeurs de logiciels de prescription devraient dès maintenant prévoir de pouvoir intégrer dans l’ordonnance des images provenant d’une bibliothèque créée par le médecin.

  • Bonjour Dominique.

    Cette mesure est ridicule sur le principe. De toute façon peu de médecins continueront à prescrire cette famille de pilule. J adhère donc à ton billet.

    Cependant je pense qu ’il y a bien plus sérieux dans ce même domaine autour de l’information.

    L’obligation d’information... Le médecin doit depuis plusieurs années prouver qu’il a informé son patient des risques de sa prescription, soin, etc... cela ne cause pas de réelles contraintes pour les chirurgiens et anesthésistes qui font signer des formulaires types.
    Mais dans notre quotidien de Médecin généraliste, comment apporter la preuve que nous avons bien informé notre patient de tous les risques, notamment d ’allergie à un antibiotique, devons nous à chaque prescription faire signer ce type de lettre type, ue tu as caricaturé, par le patient...
    nous ne le faisons pas par manque de temps et pourtant je pense que nous ne sommes pas couverts, et là ce n’est ni l ANSM, ni la CPAM, ni la HAS, (liste non exhaustive )qui nous mettent en danger ou nous imposent des contraintes chronophages dans notre exercice mais la jurisprudence.
    Pour moi cet présent exemple met en lumière l absurdité de ces mesures sur la pilule de 3et 4G mais rappelle indirectement ces autres contraintes légales pour lesquelles, sauf erreur de ma part, nous sommes mal protégés. (mais je ne suis pas avocat/ juriste)

    Obligation d’information médicale
    comme l’a affirmé la Cour de cassation –
    l’obligation de recueillir le consentement du patient est « imposée par le respect de la personne humaine », le défaut d’information dont il est victime, constitue une atteinte grave aux droits de sa personnalité.
    http://www.courdecassation.fr/publications_cour_26/rapport_annuel_36/rapport_2010_3866/etude_droit_3872/e_droit_3873/obligation_information_3874/obligation_information_medicale_19400.html

    Ne doit on pas travailler aussi sur ce sujet ?( mais peut être l’as tu déjà fait dans ton blog et que cela m ’a échappé)

    Bon courage

    Dr Frédéric DUSSAUZE

  • N’est-ce pas déjà la rôle de la mention "je dis : " qui me semblait suffiire ?
    amitiés
    Dr Goro

  • "Je certifie avoir été bien informée qu’on me laisse le choix entre crever d’un avc ou avoir 58 gamins et que quelle que soit l’issue de l’aventure j’en endosserai l’entière responsabilité et ne ferai chier personne avec mes problèmes. Parce que, faudrait pas exagérer : je ne suis qu’une femme après tout !"

  • Et pendant que l’on cause cosmétique juridique, certains anapaths libéraux n’hésitent pas à faire lire leurs lames d’histo à leurs cytotechniciens(nes), compte rendu compris.
    Ne reste plus qu’à poser la signature !

    Et que dire des résections mammaires sur lesquelles ont prescrit systématiquement des immunos ? Ou encore certaines pièces de chirurgie esthétique, sur lesquelles on recherche un hypothétique cancer.

    Les mêmes labos dont il est impossible de pointer les règlements !
    La CPAM regroupant ceux ci par médecin et numéro d’hospitalisation (qui change allégrement) le tout avec plusieurs mois de retard. Il n’est pas rare de constater des triples paiements pour un même acte et à l’inverse l’oubli de facturation.

    Qd aux données générées par ces labos (qui représentent ds certaines zones 80% de l’activité) et bien rien de commun (ou plutôt plusieurs bases différentes) aucune transmission et aucune consultation externe.

    On leur demande un mot des parents ?

  • J’ai fait partie d’un groupe de médecins généralistes à l’ANSM (alors AFSSAPS) en 2010-2011.

    J’ai eu quelques accrochages avec des "dames" qui venaient nous présenter des recommandations formulées sur le ton d’une institutrice parlant à des enfants de 8 ans. Le look était à l’avenant.

    J’ai l’impression qu’elles sont toujours en poste :-)
    "Vous me copierez 100 fois je ne dois pas prescrire des pilules de 3ème génération..."

  • J’ai acheté des raviolis panzani.
    La caissière m’a obligé de signer la note avec la mention : je sais que c’est peut-être du canasson" mais j’ai faim".
     ;+))

  • HA HA, c’est pour le PREMIER AVRIL, quelle blague !!

  • Patchs contraceptifs mis au même niveau que les pilules 3G et 4G, mais il sera plus facile d’écrire dessus qu’on a bien informé la patiente

  • depuis quand l’ansm décide t elle de ce qui doit figurer sur les ordonnances ? je pensais que leurs prérogatives étaient l’évaluation des médicament avant et pendant leur commercialisation : AMM, pharmacovigilance,

    Les règles de prescription ne sont elles pas régies par le code de santé publique ?

    on assiste en réalité à une partie de poker menteur politicienne, l’ansm allume un contre feux pour masquer ses errances et renvoyer la responsablité des effets secondaires évitables vers les seuls médecins et elle tente de faire oublier ses insuffisances.

    En tant que prescripteur j’assume quotidiennement mes responsabilités personnelles, y compris quand je prescris hors AMM (ex : donormyl) et je sais qu’administrer tel ou tel médicament peut représenter un risque, parfois nécessaire, pour le patient et bien sur aucun moyen de me défiler ou de me dédouaner en cas d’erreur voir de faute qui engagerait ma responsabilité pénale et même celle de mes héritiers sur le plan pécunier.
    L’obligation d’informer mes patients est inhérente à l’éthique de ma profession et inscrite au code de déontologie, pour la plupart d’entre nous ces mots ont encore du sens et nous nous faisons un devoir de respecter ces obligations d’abord morale et éthique avant d’être légale, dans la mesure de nos moyens et des capacités de compréhension de nos patients qui nous font parfois une confiance aveugle.

    J’informe donc l’ansm que les patientes à qui je serais peut être amené à encore prescrire des pilules 3G ou 4G seront correctement informées des risques qu’elles encourent rapportés au bénéfice qu’elles peuvent attendre, comme elles l’étaient déjà auparavant, sans que j’aie besoin de le préciser sur l’ordonnance de façon manuscrite.

    Que risquaient ces gens, à l’abri jusqu’à il y a peu derrière leur murs, à part de perdre leur poste ? Il semblerait qu’ils doivent bientot assumer eux aussi, ça à l’air de les faire trembler, auraient ils des craintes quant à leur propre compétence, éthique ou honnêteté intellectuelle qui les pousseraient à trouver par tous les moyens une façon de minimiser les conséquences de LEURS décisions ?

  • Pas bête
    dommage 1er avril...

  • vivement que nous soyons remplacés par des télé-opérateurs indiens ou pakistanais , qui avec leur web cam , leur logiciel médical ad hoc estampillé HAS ANSEM CPAM medisavant , sauront avec docilité répondre au quidam malade et le renvoyer le plus souvent au distributeur de médicaments du centre Leclerc le plus proche !

    " vouzavémalaudo un peu dites un ou tapez un sinon tapez deux ..."

    " ça commence à me taper sur le système toutes ces pillules à avaler !"

  • Absence de logique ou logique de lobbies, une fois de plus ???
    Insister sur le risque exponentiel et explosif de l’asso tabac-pilule, c’est faire courrir le risque à l’Etat de se priver d’un manne juteuse, celle récoltée sur les paquets de cloppes que fument des ados de plus en plus jeunes.
    Supprimer purement et simplement les pilules incriminées, c’est priver les labos intéressés de cette manne que représentent les 3 et 4G, généralement non remboursées, et priver les officines pharmaceutiques des marges confortables prises sur lesdites boîtes.
    Alors, de demi-mesures en demi-mesures, on aboutit à ces aberrations, qui transforment une fois de plus le médecin en gratte-papier-bouc-émissaire-de-service, qui sera pointé vertueusement du doigt au moindre pépin !
    Et si on prenait tous l’option d’imposer le choix : c’est CO OU tabac, pas les deux ensemble...en plus, au prix du paquet de cloppes, et celui de la boîte de Jasmine, ça sauvera leur budget en plus de leur santé !!!

  • Sage-femme libérale . Est-ce qu’il faudra lui tenir la main quand elle ne parlera pas ni n’écrira le français ? Cela sent le gag du 1er avril...

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