Je ne pense pas qu’on puisse dire qu’on nous ment sur la bioéquivalence. La réglementation sur la mise sur le marché des "bioéquivalents" est tout à fait transparente. Ce qui, à mes yeux, est critiquable c’est, d’une part, qu’on n’a pas d’information sur les données de variabilité intra-individuelles (ce qui serait simple à avoir puisque que les données sont collectées dans les études de bioéquivalence) et, d’autre part, qu’on ne demande pas de données pharmacodynamiques (les effets) pour valider le nouveau produit. Ce n’est pas souffler le vent ou casser du bois que d’exprimer ce point de vue qui ne fait que rappeler un principe fondamental de pharmacologie clinique : on veut des données de cinétique et des données de pharmacodynamie avec tout nouveau médicament.
Cela étant écrit l’immense majorité des génériques ne pose aucun problème et ce qui se passe avec le Levothyrox reste à éclaircir. Je ne partage pas entièrement le point de vue de Dominique Dupagne sur ce qu’il reproche à l’ANSM. La mise sur le marché du nouveau Levothyrox a été faite de manière conforme à l’état de l’art (international). Là où je partage son point de vue c’est sur la façon dont on a répondu aux plaintes des patient(e)s disant qu’il y avait un problème. Les gens ne mentent pas et on doit les informer, tenter de comprendre ce qui génère leur problème et les aider à revenir à un état normal. C’est de toute évidence ce que font l’immense majorité des médecins qui suivent ces patient(e)s.