Bonjour,Voici mon premier message sur ce site que je consulte depuis plusieurs mois déjà et qui répond bien (il est important de le dire), à toutes les petites inquiétudes que l'on développe en tant que malade face à un charabia médical souvent incompréhensible.
J'ai moi même trouvé des réponses ou des pistes de recherches trés interessantes dans les forums et cela sans avoir besoin d'intervenir.
Aujourd'hui pourtant, j'aimerais lancer une discussion car une question que je me pose n'a pas trouvé de réponse... je doute qu'elle en trouve une en fait, mais je pense que l'interêt du forum est le fait de s'interoger ensemble (j'entend internautes et professionels) sur des questions qui font avancer le "chmilblique"...
Voici donc la question qui me taraude, ou plutôt ce qui pourait être le début d'un débat: "quelle relation peut on établir entre la création en général et l'épilepsie ?"
Je suis étudiante en Art et souffre d'épilepsie depuis l'âge de 6 ans (j'ai 23 ans) les medecins n'ont diagnostiqué cette maladie que cette année. Autant dire que j'ai toujours vécu dans la crainte des pertes de connaissances qui arrivent toujours au mauvais moment (mais suis-je bête: il n'y a pas de BONS moments pour ça !)et dans une sorte de fragilité, ou plus précisément d'incompréhension totale de mon corps et par là même dans une sorte de déni de ma réalité physique.
J'ai le sentiment de m'être très tôt enfermée dans une sphère "extra-physique", j'utilise ce mot qui n'existe pas (je crois) car je n'en trouve pas d'autre pour definir cet espace dans lequel j'évolue... J'ai la sensation d'être constament positionnée comme spectatrice du monde, durant mes longues nuits d'insomnies (comme celle durant laquelle je vous écrit) l'hyperexitabilité qui m'envahi est telle, que je n'ai même pas le temps d'écrire ce qui taverse mon esprit, même pas le temps de suivre un train de pensée jusqu'au bout car aussitôt une autre réflexion vient encombrer ma tête et me voilà en train de réféchir à une foule de choses en même temps sans pouvoir figer ma réflexion ou en garder une quelquonque trace... Cette sensation m'envahi parfois la journée en écoutant une émission de radio ou en participant à une discussion, pendant un cour de philo ou en lisant un passage d'un livre... tout à coup, je décroche, je ne peu plus intervenir (ou alors en parlant à une vitesse inssuportable et sans m'arrêter) me voilà literalement agitée par le train de ma pensée, accélération cardiaque, mes joues s'empourprent, mes muscles sont tendus avec une tendance aux mouvements rapides etc...
"Mais y at-il un lien avéré avec l'épilepsie ?" me direz vous...
Voilà une question que je ne me posait même pas car il était évident pour moi que toutes ces choses relevaient de ma personnalité, de mon identité en somme. Mais voilà, mon neurochirurgien m'a placé sous Tégrétol...
Jusque là tout allait bien (si j'ose dire), je venais d'apprendre que j'étais épileptique et je ne ressentait rien de particulier, si ce n'est un soulagement certain de connaître enfin la cause de mes pertes de connaissances et de savoir que je n'aurais certainement plus à m'en inquieter.
Dés les premiers jours de traitement, le changement qui s'est opéré a été radical, je devrais plutôt dire fondamental,: je dormais comme un bébé, même plus un seul rêve, moi qui me suis toujours réveillée plusieurs fois par nuit à cause de mes rêves et qui les ai tous notés dans un carnet... plus de rêves donc, et plus la même manière de penser, mon cerveau ne tolérait qu'un train de pensée à la fois, moins d'angoisses donc, plus de facilités à la communication, de meilleurs résultats dans l'avancée de la nouvelle que j'écrit qui devient alors de plus en plus claire, bien formulée..etc
Si l'on m'avait prévenue de ces changements avant de prendre le traitement, je peux vous garantir que jamais je ne l'aurais pris car j'aurais considéré que cela allait neutraliser mon esprit et le "formater" pour qu'il rentre dans les petites boîtes que l'on prévoit pour nos cerveaux à l'aide de la psychanalyse, de la mode, de la morale et du lieu commun. J'aurais eu l'impression qu'on me demandait de renoncer à ma singularité, à ma spécificité d'être humain unique et donc à ma liberté.
Il y a deux semaines j'ai été contrainte d'arrêter le traitement car mon généraliste à cru que je faisait une réaction allérgique au Tégrétol, il a donc appliqué un principe de précaution dont je lui suis reconnaissante.
Il s'avère en réalité que ce que j'ai est d'origine virale (il s'emblerait qu'une attaque virulente quelquonque ai reveillé une mononucléose que j'aurais eu il y a déjà plusieurs années...).
En tous cas, aussi bizare que cela puisse paraître à "l'ancienne-moi", il me tarde de retrouver mon traitement et le confort intellectuel et moral qu'il m'apportait... Je n'ai pas pris le traitement suffisament longtemps pour en mesurer tout à fait les incidences sur mon travail de plasticienne ou sur les recherches littéraires que je mène, mais je serais curieuse de connaître les experiences des autres internautes.
Comment ressentez vous votre traitement, qu'a t il changé au quotidien dans votre vie, qu'a t il changé d'un point de vue psychique ou créatif... ?
Cela m'interresserait beaucoup de savoir s'il existe des études qui sont menées sur ce sujet, des sites spécifiques à consulter ou des gens qui seraient interessés pour mener une sorte d'enquête ou de recherche sur la question.
Si mon message est publié je vous en remercie, et espère avoir bien vite des témoignages ou des réponses...
A bientôt Anice